Le remboursement de l’ostéopathie par les mutuelles complémentaires est aujourd’hui clairement dans le viseur des pouvoirs publics.
Non pas via la Sécurité sociale, mais par une évolution possible des contrats de mutuelle dits “responsables”, qui couvrent la grande majorité des Français.
Derrière cette réflexion budgétaire se cache un enjeu bien plus large : l’organisation des parcours de soins musculo-squelettiques et leurs effets pour l’ensemble des professionnels de santé.
Ce qui est actuellement sur la table
Deux rapports officiels récents (Sénat et Hauts Conseils) proposent une évolution claire :
👉 sortir les médecines dites “non conventionnelles” du socle obligatoire des contrats responsables.
Les objectifs affichés: réduire le coût des complémentaires santé et recentrer les garanties de base sur les soins jugés prioritaires
Concrètement, ce que cela signifie: l’ostéopathie ne serait pas interdite de remboursement mais elle pourrait : ne plus être incluse automatiquement, être proposée via des options supplémentaires ou réservée à des contrats plus coûteux.
Autrement dit : un accès potentiellement plus restreint pour les patients.
Pourquoi ce n’est pas anodin pour les professionnels de santé
Supprimer un remboursement ne supprime ni les douleurs, ni les troubles fonctionnels.
Le risque identifié par plusieurs acteurs du système de santé est un effet de report vers : davantage de consultations médicales, plus de prescriptions médicamenteuses (antalgiques, anti-inflammatoires) et plus d’examens d’imagerie.
Un paradoxe économique puisque moins de dépenses du côté des mutuelles, mais potentiellement plus de dépenses pour l’Assurance maladie.
Dans un contexte où :
- les troubles musculo-squelettiques représentent déjà une part majeure des arrêts de travail,
- la pression financière sur le système de santé est forte,
ce report pose une vraie question de cohérence globale.
Où en est-on aujourd’hui ?
➡️ Aucune décision définitive n’a été prise
➡️ Il s’agit pour l’instant de recommandations officielles, intégrées à une réflexion plus large sur le financement de la santé
➡️ Le signal est néanmoins clair :
les parcours de soins musculo-squelettiques sont en train d’être rediscutés, y compris sous l’angle économique
L’accès des patients pourrait changer, les soignants sont directement concernés et les effets économiques et cliniques sont à anticiper.

